SM le Roi

SM le Roi Mohammed VI a adressé, lundi, une allocution à la 21ème Conférence des Parties à la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements climatiques, qui se tient à Paris.Voici le texte intégral de l’allocution royale dont lecture a été donnée, lors de la séance inaugurale de cette conférence, par SAR le Prince Moulay Rachid, en présence de SM le Roi Mohammed VI

‘’Louange à Dieu. Prière et salut sur le Prophète, Sa famille et Ses compagnons.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,

Monsieur le Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies,

Excellences, Mesdames, Messieurs,

Le rendez-vous qui est le nôtre aujourd’hui à Paris, n’est pas et ne peut plus être celui des Sommets et des Conférences que la Communauté des Nations inscrit régulièrement dans l’agenda des relations internationales.

Il ne le sera pas, et vous Me permettrez de vous le dire aussi directement, car la Conférence de Paris et celle que Mon pays se propose d’accueillir dans un an à Marrakech, seront d’abord les conférences fondatrices du futur que nous avons le devoir et la responsabilité de léguer à nos enfants.

Nos enfants que nous ne voulons pas voir privés des forêts, des océans, des rivages et de toutes ces ressources naturelles emblématiques du patrimoine le plus précieux de notre humanité.
Un patrimoine aujourd’hui mis en équation parce que la communauté internationale n’aura pas su ou voulu se mobiliser à temps, pour se donner les moyens de mieux maitriser son propre destin. La prise de conscience collective qui est la nôtre désormais, celle des effets dévastateurs pour la planète du réchauffement climatique, celle de l’urgence de mettre en cohérence les mots et les actes.

Excellences, Mesdames, Messieurs,

L’enjeu de nos discussions n’est ni idéologique, ni diplomatique, ni même économique au sens conventionnel de nos débats et de nos rencontres antérieures.
Chacun sait maintenant que la menace est planétaire et qu’aucune nation, aucune région, aucun continent n’échappera aux conséquences du dérèglement climatique.
Le temps du doute et du scepticisme n’est plus permis, pas plus que ne le sera désormais l’alibi des fausses priorités pour une Communauté des Nations, qui pendant trop longtemps a accepté de tourner le dos au devenir et à l’avenir de tous ses enfants.
Longtemps, nous avons voulu ne pas voir. Longtemps, trop longtemps, nous avons retardé le moment de la conscience. Nous avons joué avec des hypothèses qui se sont révélées autant de faux fuyants.

Mais la réalité est là. Les glaces qui fondent. Les mers et les océans qui montent. Les rivages peu à peu rongés. Les ressources en eau raréfiées, des productions agricoles menacées. Et des inondations, de plus en plus meurtrières, succédant à des sècheresses qui désolent tout autant.

C’est pour cette raison que J’ai délibérément choisi de ne pas verser dans une analyse technique ou un discours savant, tout en rendant hommage aux scientifiques et experts qui font autorité en la matière.

Pour que l’unanimité, qui n’est pas facilement et immédiatement réalisable dans ce domaine, ne devienne un élément rédhibitoire qui justifierait la frilosité des uns et les illusions nées de l’immobilisme des autres, il faut construire, avec patience, ambition et détermination sur ce qui est possible et accessible. Seule l’efficacité de l’action et la tangibilité des résultats vaincront les résistances et les réticences.

Excellences, Mesdames, Messieurs,

C’est dans cette perspective, celle du réalisme, de l’anticipation et de l’action que Je voudrais évoquer ici la stratégie que le Royaume du Maroc met en œuvre depuis plus d’un demi-siècle.
A commencer par l’eau, source de vie et obsession quotidienne et vitale pour chaque marocain. Que serait devenu le Maroc, à cet égard, sans la politique des barrages, choix pionnier et visionnaire mis en œuvre depuis le début des années 60 par Notre Auguste Père, feu Sa Majesté le Roi Hassan II, que Dieu Le garde en Sa Sainte Miséricorde.
Conscient de l’importance de cet acquis structurel et central pour l’avenir du Maroc, Nous avons veillé à son renforcement, ce qui a permis au Royaume de se doter de 140 grands barrages classés, dont près du tiers ont été construits au cours des 15 dernières années.
Grâce à cette politique, le Maroc fait face aux effets de la sècheresse, alors que dans certains pays développés un simple retard saisonnier dans les pluies suscite une alerte qualifiée de sècheresse exceptionnelle et aigue.

L’engagement du Royaume s’est également traduit par le développement des bassins-versants, qui permettent de canaliser l’eau, sans détruire ni déstabiliser les écosystèmes.
Le Maroc a en outre mis en place et défendu, non sans difficultés, lors des négociations avec ses partenaires, une politique de pêche responsable pour protéger ses ressources halieutiques. Lire la suite

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