accueil-18Après les régions de Paca, du Rhône-Alpes et du Nord-Pas-de Calais, l’Union des Mosquées de France a tenu à Perpignan, le 22 novembre 2014, la 4ème   éditions des Etats Généraux sur le Radicalisme avec le concours de l’Union des Mosquées de la région Languedoc Roussillon.Cette rencontre, réunissant les Imams, les aumôniers et les présidents

d’associations gestionnaires de mosquées, fut l’occasion pour les participants d’échanger et de débattre avec des imams, conférenciers et universitaires, engagés dans la promotion des valeurs authentiques de l’islam. Ainsi, M. El Mahdi KRABCH, imam, conférencier, et diplômé en droit comparé et Farid DARROUF, recteur de la mosquée Essalam de Montpellier se sont joint au Président de l’UMF M.

MOUSSAOUI, au Secrétaire Général de l’UMF, M. MRAIZIKA, à A. ESSAKRI et D. MOUDNI, respectivement présidents de l’UMR et du CRCM de la région Languedoc Roussillon, pour échanger et réfléchir ensemble sur les causes et les justifications théoriques du radicalisme religieux, qui touche notamment la jeunesse. 

 

C’est ainsi, que les conférenciers, dans une démarche marquée par la complémentarité et la volonté d’informer et de sensibiliser les participants sur les différents aspects du radicalisme, ont énuméré les principales causes du radicalisme et de ses manifestations les plus inquiétantes. Le départ d’un certain nombre de jeunes français vers la Syrie pour combattre aux côtés du groupe terroriste Daech était au centre de la discussion.

Les aspects intellectuels, émotionnels et comportementaux du radicalisme sont passés en revue à travers des exemples concrets. Le déficit criant en matière de connaissances et de savoir religieux et la fragilité émotionnelle ainsi qu’une forme d’observance qui verse dans l’obsession en matière vestimentaire et de mœurs, ouvrent la porte à d’autres formes de radicalisme plus conflictuel et contestataire à l’égard des parents, des institutions, des autorités et de l’ensemble de la société.

S’agissant de l’aspect intellectuel du racisme, les participants ont prôné la nécessité de rappeler sans cesse les principes et les valeurs authentiques de la foi musulmane inséparables des valeurs et principes universelles qui fondent toute vie commune dans nos sociétés. Ainsi, ils ont réaffirmé que la finalité d’une démarche spirituelle authentique ne peut être que la recherche de la miséricorde et la volonté de répandre cette miséricorde autour de soi. Le respect de la sacralité de la vie et de la dignité humaine, la liberté, l’égalité mais aussi la fraternité, la reconnaissance mutuelle, le respect mutuel, la paix, la justice, la bonté sont autant de valeurs qui doivent être les corollaires de toute pratique religieuse authentique. 

 

Sur l’aspect émotionnel du radicalisme, l’accent est mis sur la nécessité d’évaluer l’impact de toutes les formes d’inégalités économiques, sociales et politiques mais aussi celles rattachés à la religion et à l’ethnie.  L’interrogation continue sur la compatibilité des convictions religieuses des jeunes musulmans avec la vie en société, le traitement différencié et l’indignation à géométrie variable face aux actes de discrimination et du racisme, le contexte international, notamment en lien avec la situation au Proche et moyen Orient, créent un sentiment de frustration qui peut évoluer et donner naissance à une attitude de vengeance contre ceux considérés, à tort ou à raison, comme responsables de ces faits.

 

Sur l’aspect comportemental du radicalisme, il convient de souligner qu’une forme de religiosité qui fait du vestimentaire, de l’alimentaire et des relations homme/femme la priorité des priorités, amène un certain nombre de jeunes à se mettre en rupture et à perdre le lien social. Cette rupture peut donner lieu à des comportements de rejet et d’exclusion des autres et à un déficit de dialogue.

 

Il importe de souligner aussi que les acteurs et les promoteurs des aspects du radicalisme évoqués plus haut cherchent à les légitimer en détournant le sen des textes coraniques et des traditions prophétiques pour les mettre en service de leur entreprise. Le manque, chez leurs victimes, de connaissance des textes ainsi que le déficit en outils nécessaires pour filtrer les informations véhiculées, facilitent la propagation du discours radical.

 

Une attention particulière a été portée sur les arguments mis en avant par les groupes terroristes pour légitimer leur barbarie et exhorter les jeunes à les rejoindre. Aussi, certains de ces arguments ont été passés en revue et décortiqués pour mettre en évidence leur caractère fallacieux et manipulateur. Les textes coraniques qui évoquent le combat, qui n’est d’ailleurs pas synonyme du « jihad », ont été rappelé et replacés dans leur contexte pour conclure d’une manière irréfutable que la paix est la règle et le conflit ou la guerre n’est  que l’exception imposée par l’obligation de repousser une agression avérée et protéger les personnes en danger :

 

-  « Ceux qui ont été l’objet d’une agression, parce qu'ils ont été injustement agressés, sont autorisés à se battre contre leur agresseurs.  Allah a assurément le pouvoir de les aider. (…) Si Allah ne repoussait pas certains hommes par d'autres, les cloîtres auraient assurément été démolis, ainsi que les églises, les synagogues et les mosquées où le nom d'Allah est souvent mentionné.» (Coran, S.22-V.39-40)

 

-   « S'ils demandent la paix, après t’avoir agressé, accepte la paix en te confiant à Dieu, (...) Si, par cette demande, ils cherchent uniquement à te tromper, accepte la paix et qu'il te suffise d'avoir Dieu avec toi ! N'est-ce pas Lui qui t'a déjà prêté Son assistance …» (Coran, S.8-V.60-63).  Lire  la  suite