« UNE JOURNÉE PLEINE DE BONNES INNOVATIONS »

➡ Le hadith “Toute innovation est un égarement et tout égarement mène en enfer” doit être compris comme “toute innovation ILLICITE…” (ou “non conforme aux principes de la voie légale” selon l’explication de l’imam An-Nawawi).

➡ Le mot “toute” a ici une portée relative et pas absolue, comme c’est d’ailleurs le cas dans de nombreux autres versets du Coran.

➡ Par ailleurs, ce hadith est complété par un autre hadith dans le Sahih Muslim (n°2348) dans lequel le Prophète (PBSL) dit : « Si quelqu’un introduit dans l’islam une BONNE TRADITION (sunna hassanah), il bénéficiera de sa récompense et aura une récompense à chaque fois que d’autres la mettront en œuvre, sans que la récompense de ces derniers ne soit diminuée… ».

➡ Ce hadith va aussi dans le sens de la parole du Calife bien guidé Omar Ibn Al Khattab (rad) sur le Tarawih qu’il a réintroduit et institué en groupe et quotidiennement durant le Ramadan, le qualifiant ainsi: “Quelle EXCELLENTE INNOVATION que celle-ci“.

➡Cher frère, sache que l’existence des “bonnes innovations” est l’avis de la majorité des savants de l’Islam et ce, quelle que soit leur école juridique : l’imam Ashafi’i fondateur d’une des quatre écoles, le grand imam Al ghazali, le juge des juges en Andalousie Ibn Al Arabi, le maître de l’école dhahirite Ibn Hazm, l’imam An-Nawawi célèbre pour ses 40 hadiths, l’imam As-Suyuti, le grand savant Al Qurtubi, la référence malikite Al ‘iz Ibn Abdissalam , le “hafidh” Ibn Hajar Al Asqalani, le grand cheikh Al bayhaqi, le pillier de l’école hanbalite Ibn Al Jawzi et beaucoup d’autres.

➡ D’ailleurs certains parmi eux ont appliqué à l’innovation le principe des 5 jugements et statuts juridiques applicables à tout acte : l’innovation peut selon eux, être illicite mais aussi licite, obligatoire, recommandée ou détestable.

➡ L’innovation est donc parfois “positive” mais elle doit pour cela respecter la condition d’avoir un fondement dans la Loi religieuse et d’être en conformité avec elle.

➡ Ceux qui disent que « les bonnes innovations n’existent pas », que « toutes les innovations sont mauvaises » au sens absolu du terme, et que « tout ce que le Prophète (PBSL) n’a pas effectué ou approuvé dans la pratique religieuse, même si c’est utile et bénéfique, est illicite et interdit », doivent méditer profondément sur leur propre pratique religieuse !

➡ En effet, la pratique du musulman de 2020 a été enrichie par de nombreuses « bonnes innovations » qu’on le veuille ou pas. Elles ont TOUTES été instituées APRÈS la mort du Prophète (pbsl) et n’ont JAMAIS été pratiquées de son vivant.

➡ Voici pour le prouver, une « journée type » du musulman de 2020, pleine de bonnes innovations. Âmes sensibles s’abstenir…

Cher frère, tu te lèves le matin et tu lis un passage du Saint Coran. Tu réalises ainsi ta 1ère bonne innovation ! Car le Prophète (pbsl) n’a JAMAIS rassemblé le Coran dans un livre ! Le Coran a été rassemblé et compilé APRÈS sa mort, sous le Calife Abou Bakr que Dieu l’agréé, et qui était avec d’autres compagnons, très réticents face à cette compilation, car selon eux « le Prophète lui-même ne l’avait pas fait ».

Cette innovation fut « bonne » et même « obligatoire », car les compagnons qui avaient mémorisé les passages du Coran disparaissaient de plus en plus. Il était donc urgent et vital « d’innover » : de rassembler et de compiler le Coran dans un livre pour préserver la religion.

 Cher frère, grâce aux ponctuations et aux accents sur les lettres, ta lecture est plus fluide.  Tu bénéficies ainsi d’une 2ème bonne innovation.

Les points et les accents furent en effet absents des premiers exemplaires du Coran, car pas nécessaire à cette époque.

Ces « innovations » ont été introduites à l’époque de Ali (rad), par Abou Aswad Adouali, puis sous les Omeyyades. Elles furent nécessaires pour préserver la bonne prononciation du Coran, notamment auprès des nouveaux peuples musulmans non-arabophones. Aujourd’hui, on trouve même des exemplaires qui contiennent des couleurs pour faciliter l’application des règles de Tadjweed. Or, ni le prophète ni les Compagnons n’ont JAMAIS utilisé ces couleurs ! Est-ce pour autant une « mauvaise innovation » ?

Cher frère, tu te rends ensuite à la Madrassa, réalisant ainsi à une 3ème bonne innovation, car le Prophète (pbsl) n’a JAMAIS institutionnalisé et organisé son enseignement religieux à travers des matières et des créneaux horaires bien définis comme c’est le cas dans les madrassas ou les universités islamiques.

Tu assistes alors à un cours de Tadjweed, qui est ta 4ème bonne innovation, car le Prophète (pbsl) n’a JAMAIS enseigné cette matière dont le nom n’existait même pas ! Les arabes avaient NATURELLEMENT une bonne prononciation des lettres, et cette science est apparue lorsque l’Islam atteignit des peuples non-arabophones ; suivi d’un cours de Tawhid et de ‘Aquida (5ème bonne innovation car ces termes apparurent BIEN APRÈS le prophète pour faire face aux égarements dans la Croyance), puis à un cours de grammaire arabe  (6ème bonne innovation apparue seulement sous la dynastie Omeyyade ! Son père fondateur, Sibaway, est mort en 180 après l’hégire !). Enfin tu assistes au cours de Fiqh (7ème bonne innovation, car les écoles de jurisprudence n’apparaitront que sous la dynastie abbasside !) ; pour terminer par un cours où l’on étudie les compilations de Hadiths (Al Muwatta, Sahih Muslim, Al Bukhari etc.)  qui constituent une 8ème bonne innovation et qui ont permis la transmission de la tradition prophétique, alors même que le Prophète (pbsl), de son vivant, s’était prononcé CONTRE la compilation de ses paroles par peur qu’elles ne soient confondues avec le Coran.

Cher frère, c’est l’heure de la prière de Joumou’a et tu te rends à la mosquée après avoir consulté l’horaire de la prière sur ton calendrier basé sur des calculs. Tu participes ainsi à une 9ème bonne innovation car le Prophète (pbsl) se servait UNIQUEMENT de la vision de la position du soleil pour déterminer les heures de prières, les calculs étant introduits BIEN PLUS TARD.

 Tu identifies la mosquée grâce à son minaret, qui est une 10ème bonne innovation, car le minaret n’existait pas et n’a JAMAIS été préconisé par le Prophète (pbsl). Il est apparu après la conquête de Damas ! Le minaret permet alors de décupler le son de l’appel à la prière du muezzin et de facilement identifier la mosquée, même de loin.

Le muezzin effectue un appel à la prière, puis un deuxième appel  (11ème bonne innovation car le 2ème appel n’a JAMAIS été fait avant le calife Omar) puis enfin un troisième appel (12ème bonne innovation car celui-ci a été ajouté par le calife Othman).

Ton regard se porte alors sur le mihrab où prie l’imam, qui est une 13ème bonne innovation car le mihrab n’existait PAS et n’a JAMAIS été préconisé par le Prophète (pbsl). Il date seulement de la fin du 1er siècle de l’hégire ! Le mihrab permet alors à la voix de l’imam de “résonner” et indique la direction de la Kaaba.

Tu remarques que le nouveau tapis de prière est confortable, et c’est une 14ème bonne innovation car le Prophète (pbsl) et ses Compagnons priaient sur un sol fait de sable et de cailloux ! Les murs contiennent quelques versets coraniques en calligraphie (15ème innovation car la mosquée du Prophète (PBSL) ne comportait PAS ce genre de choses).

Tu utilises ensuite un chapelet pour faciliter ton dhikr. Tu réalises ainsi une 16ème bonne innovation, car le chapelet est apparu APRÈS la mort du Prophète (pbsl).

L’imam s’installe alors et débute son prêche en arabe et en français. Il commet ainsi une 17ème bonne innovation car ni le Prophète (pbsl) ni les compagnons n’ont JAMAIS prêché en une langue autre que la langue arabe !

Cher frère, c’est le mois du Ramadan et le soir, tu pris Tarawih en groupe à la Mosquée. Tu réalises ainsi une 18ème bonne innovation, car l’introduction du tarawih en groupe a été instaurée par Omar Ibn Al Khattab  qu’Allah l’agrée, et qu’il a lui-même qualifiée de la sorte : “Quelle excellente innovation que celle-ci !”.

En un mois de Tarawih, tu auras clôturé entièrement le Coran dans la prière et ce sera là une 19ème bonne innovation car elle est apparue BIEN APRÈS l’instauration du Tarawih! En effet, il n’a JAMAIS été rapporté que les compagnons avaient clôturé la totalité du Coran durant le Tarawih, tel que c’est pratiqué aujourd’hui partout dans le monde !

Après la prière, tu restes à la mosquée pour assister à un concours de récitation du Coran, qui est une 20ème bonne innovation, car un tel concours n’a absolument JAMAIS été rapporté ni du temps du Prophète (PBSL), ni du temps des compagnons !

Cher frère, avec ces 20 innovations auxquelles tu as participé, si tu persistes à nier le fait qu’il puisse exister de “bonnes innovations” dans la religion, alors ta logique n’est malheureusement pas cohérente avec ta propre pratique religieuse, en plus de contredire des faits historiques et un avis partagé par nos plus grands savants

UMF FRANCE

L’« Union des Mosquées de France », ci-après dénommé «UMF», est une association régie par la loi du 1er juillet 1901 et le décret du 16 août 1901.