Il est temps de libérer le CFCM des mains des fédérations

Communiqué

Quatre fédérations, membres du CFCM (GMP, MF(ex-UIOF), RMF, FFAIACA), ont décidé de se retirer définitivement du bureau exécutif du CFCM suite à la réunion de ce dernier du 17 mars 2021. Neuf (9) des seize (16) membres qui le composent ont participé à cette réunion et un dixième (10 eme) a été excusé pour raison de santé.

Sur la forme, il convient de préciser que la fédération RMF n’est pas membre du bureau du CFCM. La fédération MF dispose d’un seul membre au bureau, la GMP de trois membres et la FFAIACA de deux membres. Ce sont donc ces six (6) membres parmi les seize (16) qui n’ont pas souhaité participé à cette réunion.

Cette réunion, qui intervient après une interruption de près de trois mois, a été tenue dans le respect strict des règles statutaires du CFCM.

Tous les membres du bureau ont été régulièrement convoqués à cette réunion qui avait pour ordre du jour la désignation du nouvel aumônier national des prisions, en remplacement de celui qui a occupé ce poste depuis plus de 15 années et dont le bilan est controversé.

Dès lors, comment ces fédérations osent-elles qualifier cette réunion de non justifiée, alors que le CFCM s’était engagé dès le mois d’octobre 2020 auprès de Monsieur le Ministre de la Justice pour nommer un nouvel aumônier des prisons dans les meilleurs délais et mettre en place en urgence un plan d’action pour lutter contre la radicalisation dans le milieu carcéral.  

Si le nouvel aumônier des armées, désigné le 11 janvier 2021, a été présenté par la Grande Mosquée de Paris, le nouvel aumônier des prisons, choisi ce 17 mars 2021, n’est affilié à aucune des fédérations ayant participé à cette réunion. Il a été exclusivement choisi pour son expérience et ses compétences loin de toute considération partisane.

Par ailleurs, sans jamais le faire par écrit, les quatre fédérations ont réclamé verbalement la suspension de toutes les réunions du bureau du CFCM tant que les deux fédérations non signataires de la charte des principes pour l’islam de France y siègent.

Si la non signature de la charte des principes pour l’islam de France est une décision fortement regrettable, elle ne permet pas au président du CFCM que je suis de mettre l’instance représentative du culte musulman à l’arrêt pour une durée indéterminée comme le réclament les quatre fédérations. Autrement, le CFCM se trouverait dans l’illégalité et le non respect de la loi qui régit les associations.

Cette action hostile et incompréhensible, par laquelle les quatre fédérations veulent prendre le CFCM en otage, a été rendue possible à cause des modalités de désignation de la moitié des sièges du Conseil d’Administration du CFCM que ces fédérations se sont généreusement octroyées.

Pour rappel, les quatre fédérations ont désigné 30 membres parmi les 43 cooptés du Conseil d’Administration du CFCM (MF, GMP, RMF : 9 chacune et 3 pour FFAIACA), alors que les quatre fédérations confondues ne disposent que de 12 sièges parmi les 44 élus du CFCM. L’UMF que je préside, à elle seule, a obtenu 18 élus parmi les 44, mais n’a le droit à aucun membre coopté !  Je précise que les cinq (5) des six (6) membres n’ayant pas participé à la réunion du 17 mars 2021 sont issus du collège des cooptés.

Ce système arbitraire de cooptation a créé un fossé entre les fédérations et les mosquées que le CFCM est censé représenter. Raison pour laquelle il est urgent d’y mettre fin et de redonner la parole à la base via la création des conseils départementaux du culte Musulman qui auront la légitimité requise et aboliront par la même occasion les frontières et les divisions artificielles que créent les fédérations au sein même de l’instance représentative du culte musulman.

Aussi, j’appelle les musulmans de France à se mobiliser pour reprendre leur destin en main et à participer massivement aux assises de la départementalisation du culte musulman qui seront lancées prochainement.  

Paris, le 18 mars 2021

Mohammed MOUSSAOUI

Président du CFCM

UMF FRANCE

L’« Union des Mosquées de France », ci-après dénommé «UMF», est une association régie par la loi du 1er juillet 1901 et le décret du 16 août 1901.